Refuser tous les cookies automatiquement : ce qui se passe

Refuser les cookies ne casse presque rien. Le site marche toujours, vous voyez toujours des pubs, simplement plus fondées sur votre historique, et le bandeau revient de temps en temps. Voici ce que ce choix change, pourquoi « Tout refuser » est si souvent introuvable, et comment le faire cliquer à votre place.

Ce que demande un bandeau de cookies

Dans l’Union européenne, un site doit obtenir votre accord avant de déposer ou de lire sur votre appareil tout ce qui n’est pas strictement nécessaire au service que vous lui demandez. Les autorités européennes de protection des données le rappellent : par défaut, aucun cookie soumis au consentement ne peut être déposé sans consentement, et ce consentement doit venir d’un geste positif de votre part (CEPD, janvier 2023, en anglais).

Certains cookies n’ont besoin d’aucun accord : celui qui garde votre panier, celui qui vous garde connecté, celui qui retient votre refus, et, en France, la mesure d’audience strictement limitée à l’usage du site lui-même (CNIL). Le bandeau porte sur tout le reste : publicité ciblée, pistage d’un site à l’autre, la plupart des statistiques, boutons des réseaux sociaux.

Ce que le refus change, et ce qu’il ne change pas

  • Le site marche toujours. Les cookies strictement nécessaires ne dépendent pas de votre réponse : panier, connexion et langue restent.
  • Vous voyez toujours des pubs. Refuser transforme les pubs ciblées en pubs contextuelles, choisies d’après la page que vous lisez et une idée approximative de l’endroit où vous êtes, et non d’après votre historique. Google décrit ainsi ses « annonces non personnalisées », en précisant qu’elles utilisent encore des cookies pour limiter la répétition des pubs et établir des statistiques globales (aide Google Ad Manager).
  • Le bandeau revient. Le site doit se souvenir de votre refus, et il le fait… avec un cookie. Effacez vos cookies ou changez de navigateur, et il vous redemande. La CNIL considère que conserver le choix environ six mois est une bonne pratique (CNIL).
  • Certains sites dressent un mur. Les murs « acceptez ou payez » existent. La CNIL les examine au cas par cas. Pour les grandes plateformes en ligne, les autorités européennes ont estimé en avril 2024 que, dans la plupart des cas, un choix entre consentir et payer ne permet pas un consentement valable (CEPD, en anglais).
  • Vous ne devenez pas invisible. Le refus porte sur ce que demande le bandeau. Le serveur du site voit toujours votre adresse IP, comme tout serveur auquel vous vous connectez.

Pourquoi « Tout refuser » est si difficile à trouver

Parce que chaque acceptation alimente la publicité ciblée, et que chaque refus, non. Les autorités ont fait l’inventaire des astuces. En janvier 2023, le groupe de travail commun des autorités européennes sur les bandeaux de cookies a passé en revue les plus courantes (rapport du CEPD, en anglais) :

  • pas de bouton de refus au premier écran, seulement « Accepter » et « Paramétrer » ;
  • des cases déjà cochées derrière « Paramétrer » ;
  • un « refuser » en simple lien, perdu dans un paragraphe ou placé hors du bandeau ;
  • des couleurs et des contrastes de boutons qui poussent vers « Accepter ».

Une large majorité des autorités considèrent comme une infraction un bandeau qui ne permet pas de refuser au même niveau que le bouton d’acceptation ; et des cases précochées ne valent pas consentement. En France, la CNIL a sanctionné Google de 150 millions d’euros et Facebook de 60 millions le 31 décembre 2021, parce que refuser les cookies sur google.fr, youtube.com et facebook.com demandait plusieurs clics, contre un seul pour accepter (DLA Piper, en anglais). Sa règle depuis tient en une phrase : refuser doit être aussi simple qu’accepter.

Le faire cliquer à votre place

Cliquer « Tout refuser » des dizaines de fois par semaine, c’est exactement le genre de corvée qu’un logiciel peut prendre en charge. Trois façons de s’en débarrasser.

Une extension de consentement. Consent-O-Matic, développée par des chercheurs de l’université d’Aarhus, remplit pour vous les fenêtres de consentement selon vos préférences, dans Chrome, Firefox, Edge et Safari. Elle est gratuite et libre (Consent-O-Matic, en anglais).

Un bloqueur qui masque les bandeaux. Certains bloqueurs de pub peuvent simplement cacher les bandeaux de cookies. Mais cacher n’est pas refuser : le site ne reçoit aucune réponse. En droit européen, pas de réponse devrait valoir pas de consentement, puisque rien de ce qui en demande un ne peut être déposé sans lui ; un refus clair ne laisse simplement aucune place à l’interprétation.

Un filtre pour tout l’ordinateur. C’est ce que fait AdHole sur un PC Windows ou Linux. Quand un bandeau de cookies propose de tout refuser, il clique à votre place, sur les gestionnaires de consentement que la plupart des sites utilisent, comme Didomi, OneTrust, Cookiebot, Axeptio ou tarteaucitron. Il ne cherche que des boutons de refus. Sous Windows, il agit dans tous les navigateurs de l’ordinateur, Chrome, Edge, Brave et Firefox (depuis sa version 120), et il est actif dès l’installation ; un interrupteur du tableau de bord le coupe.

Ses limites :

  • Un bandeau sans moyen de refuser reste affiché. AdHole ne cherche pas à accepter pour le faire disparaître. Les fenêtres qui exigent votre accord sans proposer de refus gratuit restent aussi en place ; un réglage, coupé au départ, en retire certaines, celles qu’il reconnaît.
  • Il peut se tromper de bouton. Sur quelques sites, il clique « Accepter », ou un refus qui mène à une page de paiement. Si votre choix compte sur un site, vérifiez-le dans son lien « Cookies ».
  • Seulement les navigateurs de cet ordinateur. Pas les applications, pas la télé. Un filtre DNS seul ne peut rien faire de tout cela : il voit des noms de sites, pas des boutons.

Ce qui reste : les murs réservés aux abonnés

Un mur devant un article réservé aux abonnés n’est pas une affaire de cookies. C’est un choix commercial, pas une demande de consentement, et refuser les cookies n’a rien à voir avec lui. AdHole ne retire jamais un mur réservé aux abonnés. Les murs de consentement « acceptez ou payez » sont un autre cas : AdHole les laisse en place par défaut ; un réglage que vous choisissez d’activer retire ceux qu’il reconnaît, pas tous.

Sources vérifiées le 5 octobre 2026, liées dans le texte. Les citations traduites de l’anglais le sont par nos soins.